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Tchat avec François Bayrou

MUNICIPALES. François Bayrou a répondu mercredi 6 février aux questions des internautes. Plus de 200 personnes connectées pour balayer sujets locaux et nationaux

« Mon influence au service de la ville »

bayrou4C’est entouré de son premier cercle palois que François Bayrou a répondu hier aux internautes, dans le cadre des « chats » organisés avec les candidats aux municipales par la rédaction de « Sud Ouest ». Environ 200 personnes se sont connectées entre 11 h et midi à sudouest.com pour suivre les échanges.


En patron. Le président du Modem est le patron, et ça se voit. Josy Poueyto à sa gauche, Jean-Louis Peres, Jean-Paul Brin, Patrice Estanguet, Bernard Boutin, Monique Sémavoine, Alain Cendres sont en alerte pour répondre aux sollicitations de l’aspirant maire de Pau.
François Bayrou tape lui-même les réponses : « Mes discours, mes livres, j’ai toujours tout écrit seul », précise-t-il. Et de commenter : « Mon diplôme de sténo aura servi à quelque chose ».

« Je conduis une liste pour sortir d’une époque »

Il rédige comme un vieux routier de la toile. Ceux qui l’entourent sont invités à porter des précisions. « Alors ? » lance François Bayrou, quand il n’a pas le détail des initiales d’une association. L’aréopage s’active pour trouver sa réponse. Et l’on découvre toute la panoplie multimédia dont sont dotés les membres de la liste : un iphone par ici, un ordinateur connecté à la base de données, pendant que la scène est immortalisée sous les flashs d’un appareil numérique. Le ton est amical mais ferme. Et l’on songe au professeur de lettres qu’il fut.


« Obstiné et tenace ». 130 questions sont arrivées sur le site. Faute de temps, François Bayrou n’a pu répondre à toutes. Joniko 64 ouvre le bal en demandant au candidat à la mairie de Pau son principal défaut et sa principale qualité. François Bayrou rétorque. « Défaut : l’obstination; qualité : la ténacité ». Il sourit : « C’est la même chose ! » avant de rajouter un « smiley » à sa réponse.
Une première partie du chat est consacrée aux dossiers palo-palois. Jérémy 64 l‘interroge sur la police municipale : « Je ne veux pas armer la police municipale. Pour moi, c’est pour la ville ce que les gardes champêtres étaient autrefois dans les villages ».
À propos des transports, François Bayrou, sur son idée de tramway : « Les coûts ne seront nullement sous-estimés ». Habile, il prévient : « Il s’agit en effet de l’aménagement de voies protégées sur les voies existantes et non pas de création d’itinéraires nouveaux, évidemment plus onéreux. Il n’y a aucun rail donc aucuns travaux lourds ». De quoi ne pas effaroucher commerçants et usagers du centre-ville.
Pour le détail, il donne rendez-vous aux internautes à jeudi et vendredi pour des réunions au cours desquelles il dévoilera son programme.
Plusieurs sujets sont ainsi abordés (culture, langues régionales, intercommunalité, équipements sportifs) jusqu’à ce qu’Atchoum pose une question sur le camping de Pau - pas ouvert toute l’année avec ses bâtiments décrépis. François Bayrou évoque le problème d’attractivité de la ville mais reconnaît : « Je vous avoue que j’ignorais ce que vous me dites sur le camping [?]. Je vais me renseigner.


Influence nationale. Au fil des échanges, la teneur du dialogue se révèle très politique. Le candidat Modem n’est pas épargné. Cocotte : « La fonction de maire est-elle un emploi à plein-temps ? Allez-vous abandonner d’autres mandats ? » Réponse : « Je conserverai évidemment mon mandat de député. Je ne veux pas devenir maire de Pau pour abandonner mes convictions et l’influence nationale que je peux avoir. Je veux mettre cette influence au service de la ville. Il faut donc que Pau ait un maire, qui soit connu, et si possible respecté et entendu partout ».

« Je n’envisage aucune alliance avec qui que ce soit »

Aurélie poursuit : « Votre envergure nationale ne va-t-elle pas vous éloigner des Palois ? » François Bayrou, du tac au tac : « La proximité, ça ne se déclare pas, ça se prouve, ça s’expérimente, ça se vérifie ».
Sous le pseudo AD, un internaute évoque le « système Labarrère », dénoncé dans sa campagne : « Vous avez pourtant enrôlé en tant que future première adjointe la cheville ouvrière de ce système ». Josy Poueyto détend l’atmosphère en lançant : « AD, ce doit être André Duchateau » (n° 2 sur la liste de Martine Lignières-Cassou, NDLR). François Bayrou pianote un éloge de sa colistière et précise : « Je conduis une liste pour sortir d’une époque ».


Défi. JJL évoque lui la possibilité d’une défaite sur ses terres : « Votre parcours politique ne risque-t-il pas de s’arrêter là où il a commencé ? »
« Il n’y a pas de vie intéressante sans risque, répond le président du Modem. C’est vrai que se présenter contre l’UMP, le PS, le PC, etc., et Nicolas Sarkozy en même temps, c’est un défi. J’aime relever les défis. Et je suis persuadé que le résultat dira sans ambiguïté que les Palois aiment cela aussi ».
Sur l’entre-deux-tours, Serpico l’aiguillonne : « En cas de second tour vous opposant à Martine Lignières-Cassou, vous ne ferez aucune alliance avec Yves Urieta ? »
François Bayrou tranche : « Je n’envisage aucune alliance avec qui que ce soit ».
Marc fait un parallèle entre le Modem et une auberge espagnole, pour interroger : « À quoi sert le parti ? » Réponse : « Si des candidats s’éparpillent, je désapprouve leur choix. Mais c’est le seul mouvement nouveau, ouvert aujourd’hui aux Français. C’est formidable et passionnant, même si c’est difficile ».

:Xavier Sota

PHOTO J.-L. DUZERT

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